Kataba, la scie japonaise à un seul tranchant
On la choisit rarement en premier, et on ne s'en passe plus dès qu'on a essayé de couper une cheville au ras d'un panneau avec autre chose.
Le problème que résout le dos lisse
Prenez un tourillon qui dépasse de deux millimètres d'un panneau. Vous voulez le couper exactement au niveau de la surface, sans creuser et sans laisser de bosse.
Avec une lame qui porte des dents des deux côtés, vous ne pouvez pas la poser à plat : la denture opposée touche le panneau et le raye sur toute la longueur du geste. Vous êtes obligé de couper légèrement en biais, de laisser du surplus, puis de rattraper au papier de verre.
Avec une Kataba, la lame se couche complètement. Le dos glisse sur le panneau comme un patin, les dents ne mordent que ce qui dépasse. La coupe se fait au ras, sans reprise.
Ce qu'on fait avec, précisément
- Araser une cheville ou un tourillon au ras d'une surface, sans ponçage de rattrapage.
- Recouper un tenon qui dépasse une fois l'assemblage collé et serré.
- Couper le long d'une pièce déjà en place, quand la lame doit frotter contre une surface finie sans la marquer.
- Tronçonner tasseaux, moulures et panneaux fins, où la lame plus large tient mieux la ligne.
La lame plus large, et ce que ça change
N'ayant de dents que d'un côté, la Kataba peut être plus large sans devenir encombrante. Une lame large vrille moins. Sur une coupe qui traverse une pièce épaisse, c'est la différence entre un trait qui reste droit et un trait qui dérive de deux millimètres au bout du parcours.
La contrepartie : elle passe moins bien dans les endroits fermés. Pour attaquer au milieu d'un panneau ou travailler dans un angle serré, c'est la lame pointue qui convient.
Le geste, sur une coupe à ras
- Posez la lame à plat sur la surface, dents contre la pièce qui dépasse. Pas d'angle, pas de compromis : à plat.
- Glissez une chute de placage sous la lame si vous voulez laisser un dixième de millimètre de sécurité. On le retire au racloir ensuite.
- Tirez sans appuyer. Le poids de la lame suffit. Appuyer la fait fléchir et elle creuse la surface.
- Restez régulier plutôt que rapide. Une coupe à ras se rate en trois coups pressés, pas en vingt coups calmes.
Ce qu'elle est, et ce qu'elle n'est pas
Une scie de style japonais, fabriquée en Chine. Manche en hêtre riveté, lame en acier trempé affûtée sur trois faces, 31 cm hors tout, manche compris. Nous ne publions ni nuance d'acier ni nombre de dents par pouce, faute de sources concordantes.
Ce n'est pas une scie à dos rigide. Si vous cherchez le trait le plus fin possible pour des queues d'aronde, lisez notre point sur les scies à dos : nous n'en vendons pas et nous expliquons pourquoi.
Questions fréquentes
À quoi sert un dos lisse ?
À poser la lame à plat contre une surface sans l'abîmer. C'est ce qui permet de couper une cheville ou un tourillon exactement au ras d'un panneau : la denture attaque le bois qui dépasse, le dos glisse sur le panneau sans le rayer.
Est-ce qu'elle remplace la Ryoba ?
Non, elle fait autre chose. La Kataba n'a qu'une denture, donc un seul type de coupe. Si vous refendez souvent dans le sens du fil, il vous manquera le second tranchant de la Ryoba.
Pourquoi la lame est-elle plus large ?
Une lame plus large vrille moins sur une coupe longue. Elle tient mieux la ligne quand vous traversez une pièce épaisse, là où une lame étroite commence à dériver au bout de quelques centimètres.
Peut-on l'utiliser pour des assemblages ?
Pour araser les tenons et les chevilles qui dépassent, oui, c'est même son terrain. Pour tracer et scier les joues d'un tenon, une scie à dos rigide reste plus précise, et nous n'en vendons pas.
Voir aussi la Ryoba à double denture et le guide pour choisir.