La scie à dos japonaise, le dozuki
Autant le dire tout de suite plutôt qu'au bas de la page. Si c'est un dozuki que vous cherchez, ce guide vous expliquera ce que vous achetez, mais vous l'achèterez ailleurs.
Ce que fait la barre du dos
Une lame de scie japonaise est fine parce qu'elle travaille en traction. Fine veut aussi dire souple : sur une coupe qui demande de la précision, elle peut onduler légèrement et le trait s'écarte de la ligne.
La barre sertie sur le dos rigidifie la lame sur toute sa longueur. Elle ne peut plus fléchir latéralement. Deux conséquences directes :
- Le trait reste parfaitement droit, même sur une coupe fine et lente.
- La lame peut être encore plus mince qu'une lame libre, puisque ce n'est plus elle qui assure sa propre rigidité.
C'est ce qui en fait l'outil des assemblages ajustés : joues de tenon, queues d'aronde, entailles où un dixième de millimètre se voit.
Et ce que la barre coûte
Elle bute. Quand la lame descend dans le bois, la barre du dos finit par toucher la surface de la pièce, et la coupe s'arrête là. La profondeur maximale est donc la hauteur de lame, moins l'épaisseur de la barre.
Sur un tasseau de section courante, ça ne pose aucun problème. Sur une pièce épaisse, un panneau, ou dès qu'il faut traverser, le dozuki est hors jeu et une lame sans dos passe.
| Avec dos rigide (dozuki) | Sans dos (kataba, ryoba) | |
|---|---|---|
| Rectitude du trait | Excellente | Bonne, dépend du geste |
| Finesse du trait | Maximale | Fine |
| Profondeur de coupe | Limitée par la barre | Illimitée |
| Coupe à ras d'une surface | Impossible, la barre gêne | Possible avec une kataba |
| Débit courant | Lent | Rapide |
Le mot « scie à dos » en français
En français, « scie à dos » désigne toute scie dont la lame est raidie par une barre, japonaise ou non. Les scies à dos occidentales existent depuis longtemps et coupent en poussant. Le dozuki est la version japonaise, qui coupe en tirant et dont la lame est nettement plus fine.
Si vous cherchez « scie à dos » en pensant précision d'assemblage, vous cherchez bien la même famille d'outils.
Ce que nous vendons à la place
Trois lames sans dos rigide, ce qui les rend moins précises sur un assemblage serré et plus polyvalentes partout ailleurs :
- La Ryoba, deux dentures sur la même lame : une pour couper en travers du fil, une pour refendre.
- La Kataba, un seul tranchant et un dos lisse. C'est la seule des trois qui coupe à ras d'une surface, ce qu'un dozuki ne sait pas faire.
- La lame pointue, pour attaquer au milieu d'un panneau sans trou d'amorce.
Autrement dit : si votre travail consiste à monter des assemblages ajustés, le dozuki est le bon outil et ce n'est pas chez nous. Si vous coupez, recoupez, refendez et arasez, une lame sans dos vous servira plus souvent.
Questions fréquentes
Quelle différence entre un dozuki et une kataba ?
Le dos. Le dozuki porte une barre métallique sertie sur le dos de la lame, qui l'empêche de fléchir. La kataba n'en a pas : sa lame est libre sur toute la hauteur. Les deux ont des dents d'un seul côté.
Le dozuki coupe-t-il mieux ?
Plus droit et plus fin, sur des coupes peu profondes. Mais sa profondeur de coupe est limitée à la hauteur de la lame, parce que la barre du dos finit par buter sur le bois. Au-delà, une scie sans dos passe et lui pas.
Pourquoi ne vendez-vous pas de dozuki ?
Parce que nos trois lames n'en sont pas. Aucune ne porte de dos rigide. Nous préférons le dire plutôt que d'utiliser le mot pour attirer et décevoir ensuite.
Par quoi le remplacer pour des assemblages ?
Pour tracer et scier des joues de tenon serrées, rien ne remplace un dos rigide. Pour araser un tenon ou une cheville une fois l'assemblage monté, une kataba fait mieux : son dos lisse se couche à plat sur la surface, ce qu'un dozuki ne peut pas faire à cause de sa barre.
Pour choisir parmi ce que nous vendons : le guide d'achat.